jeudi 23 octobre 2008

Là ci darem la mano...

Je n'arrive pas à croire que j'aie pu penser que Don Giovanni était un opéra comme les autres...
Comment ai-je pu??
Reprenons: l'histoire commence hier soir, désert télévisuel comme tous les mercredis jusqu'à 22 heures, où je m'affale devant Desperate Houswives, feuilleton aux situations improbables mais hilarantes.
Il était donc quelque chose comme 20h30, j'étais fatiguée, et j'avais dans mes onglets firefox ouvert l'intégrale de Don Giovanni au Royal Opera de Londres (cliquez DON GIOVANNI dans la liste de gauche puis cliquez Part 1 en bas), tout frais de cette saison (c'était jusqu'au 4 Octobre).
Je ne l'avais pas vu malgré une vague envie car on ne s'était pas mises d'accord avec Kate en Juillet vu qu'elle avait à ce moment-là une possibilité d'aller travailler en France.
Résultat, fin août il n'était plus question d'espérer une place.
Sans trop de regrets je m'étais consolée en me disant que de toute façon Mozart était un compositeur de musique classique, pas d'opéras, et que c'était sûrement surcôté pour ce que c'était.

Bref, puisqu'il m'était offert de le regarder depuis mon canapé, je me suis dit que j'allais y jeter un oeil... Et je suis restée scotchée!

On entame très fort avec le couplet de Leporello, le valet de Don Giovanni, qui explique qu'il en a assez de servir et qu'il voudrait être un gentilhomme (Notte e giorno faticar).
La musique est magnifique, entrainante, entêtante même, et j'ai commencé à me dire que j'avais été bien sévère avec Wolfgang...

Juste après ces plaintes du valet, on découvre que Don Giovanni s'échappe par la fenêtre d'une maison, une jeune fille, Donna Anna, essaye de l'empêcher de fuir en le traitant de tous les noms, et s'ensuit un duel son père, "Il Commendatore" (le commandant?) et Don Giovanni dont ce dernier sort vainqueur.

Voilà que Don Giovanni entend une jeune fille se lamenter sur son amoureux enfui et décide d'aller la consoler... Manque de chance l'amoureux dont Donna Elvira se plaint n'est autre que Don Giovanni lui même.
Et comme la demoiselle n'est pas totalement une oie blanche, elle est venue pour le faire revenir ou le tuer!
Pour s'extirper de ce mauvais pas, il envoie Leporello lui parler, soit disant pour tout expliquer, et part. Leporello en profite pour expliquer à Elvira qu'elle ne devrait pas le prendre personnellement puisqu'il est coutumier du fait.
S'ensuit une scène drôle et très cruelle à la fois où Leporello fait l'inventaire des conquêtes de Don Giovanni: "En Italy 640, en Allemagne 231, 100 en France, 91 en Turquie mais en Espagne 1003" (Madamina, il catalogo è questo)

Ce qui est annoncé comme la partie 3 (toujours sur le ROH, cliquez DON GIOVANNI dans la liste de gauche puis cliquez Part 3 en bas) de l'opéra est à mon goût un des meilleurs moments, avec la fête de préparation au mariage de Zerlina et Masetto, musique légère et joyeuse, suivie d'une aria grave de Masetto qui comprend bien où Don Giovanni veut en venir en essayant de l'envoyer lui faire la fête dans sa maison et en restant seul avec Zerlina, mais qui ne peut pas y faire grand chose (Ho capito, signor, sì).

Et enfin, l'air le plus célèbre de cet opéra, sans doute pas pour rien, Là ci darem la mano, où Don Giovanni essaye de convaincre Zerlina qu'il veut l'épouser et qu'elle n'a qu'à venir avec lui pour échapper à une vie de paysanne et devenir une Lady (oui c'est à Séville mais je peux dire Lady si je veux...!) est simplement à tomber...
Là ci darem la mano,
Là mi dirai di sì,
Vedi, non è lontano,
Partiam, ben mio, da qui.
(approximativement: Là nous nous donnerons la main, Là tu me diras oui, Viens ce n'est pas loin, Partons mon amour, d'ici)
A chaque fois j'étais devant mon écran (je dis à chaque fois parce que je me le suis repassé plusieurs fois depuis et je le connais par coeur maintenant!) et à chaque fois je me disais en voyant cette scène qu'il pourrait peut-être changer.
Bref, comme disent les Anglais I would have fallen for it, litérallement je serais tombée pour ça, c'est à dire que comme Zerlina je me serais fait avoir...
Mais je vous jure, il a l'air sincère, et puis on peut s'amender dans la vie, la rédemption tout ça... Enfin on ne peut pas chanter aussi bien et avoir un si mauvais fond...??

Si?
On peut?
Bon...

Après je dois dire que j'ai beaucoup moins aimé l'Acte II. Musicalement parlant d'abord, on voit beaucoup Donna Anna et son fiancé Don Ottavio, pour lesquels je n'éprouve qu'une sympathie relative: lui c'est une chiffe molle, toujours à promettre qu'il va aller et tuer Don Giovanni mais on attend pendant tout l'opéra et à mon avis on pouvait attendre longtemps!
Quand à elle, elle est trop raide à mon goût et elle passe son temps à se lamenter sur son sort, si j'étais le fiancé je pense que je le prendrais mal...
De plus, contenu de mes sentiments pour le moins troubles pour Don Giovanni, j'ai eu du mal à me réjouir qu'il soit trainé en enfer sans autre forme de procès...
Oui je sais que c'est un vilain, qu'il a ruiné la vie de je ne sais combien de jeunes filles/ femmes, qu'il est incorrigible, qu'on lui a offert une chance de se repentir et qu'il l'a rejettée... Mais à la fin c'est de la fidélité à ce qu'il est aussi, il a honteusement dragué et été infidèle toute sa vie, et sous prétexte qu'une caillasse le lui demande il doit se repentir?
Mais non!
Il est un salaud par conviction Don Giovanni.
Ou plus exactement, et je tire cette conclusion d'une part du dialogue avec Leporello où il affirme que la fidélité à une femme serait une cruauté envers toutes les autres, et d'autre part de la pièce de Molière où il explique qu'il aime à chaque fois la femme à qui il promet le mariage, mais qu'il fois qu'elle lui cède elle ne l'intéresse plus, Don Giovanni c'est un séduct(u)eur en série.
Et je ne suis pas sûre qu'il prenne la mesure du mal qu'il fait, ou qu'il ait la possibilité de faire autrement.

Mesdames et Messieurs les jurés nous sommes bien d'accord que tuer est mal, et pourtant si l'on n'a pas le choix car sa propre vie est menacée, cela s'appelle de la légitime défense.
Et bien mon client est en état de légitime défense!
Il séduit car il est lui-même séduit, que peut-il faire d'autre pour se défendre?
Il brise des coeurs car le sien est en permanence, brisé par celles qui prétendent être ses victimes!
Oui, Mesdames et Messieurs les jurés! Elles le traitent de félon, mais pourquoi donc?
Après tout puisqu'il est un si vilain sujet pourquoi ne pas le laisser aller et s'estimer heureuse de ne pas être vraiment mariée à un affreux personnage de cette sorte?
Mais Mesdames et Messieurs les jurés, je vais vous le dire: Elles l'aiment!
Parfaitement!
Elles l'aiment encore!
Regardez Donna Elvira qui demande grâce pour lui quand elle craint que Donna Anna et Don Ottavio ne l'exécutent!
Regardez Zerlina, nouvellement mariée et qui pourtant se décide à le suivre pour une simple aria!
Mais quelle aria, Mesdames et Messieurs les jurés! Quelle aria!
Le seul tort de mon client, c'est que lorsqu'il aime une femme, il lui donne plus d'attention et d'amour qu'elle n'en recevra probablement dans toute sa vie!
Et si toutes elles demandent justice aujourd'hui, je suis sûre que pas une d'entre elles n'accepteait de retirer sa plainte s'il lui promettait amour et fidélité!
Moi l'avocat du Diable?
Allons Donna Anna, je sais que mon client à quelques torts à votre égard, même si je me dois de souligner que c'est votre père qui a provoqué mon client en duel, et qu'il s'agissait donc encore une fois de légitime défense, je sais donc disais-je, que mon client à quelques torts à votre égard, mais de là à lui faire outrage il y a un pas que vous venez de franchir et je vais donc demander à ce que vos propos soient rayés par le greffe afin d'éviter que vous n'ayez plus tard une fâcheuse affaire sur les bras.
Allons, Mesdames les jurées, regardez mon client dans les yeux, écoutez le chanter Andiam, andiam, mio bene, a ristorar le pene d'un' innocente amor! et après ça, osez le condamner...

Conclusion: Je retire ce que j'ai dit sur Mozart mais je vais quand même lui écrire pour lui dire qu'il change la fin de son opéra parce que c'est pas moral que Don Giovanni soit expédié comme ça.
Ca donnerait ça "Vous pouvez maintenant voter pour votre fin préférée: Pour ne rien changer tapez 1, pour que Don Giovanni aie droit à un procès équitable en Irak tapez 2, pour qu'il se repente tapez 3, pour qu'il s'enfuie avec son avocate tapez 4."
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dimanche 12 octobre 2008

Retour à Londres, un peu de shopping et du foot :(

Après ce week-end d'anniversaire à la Malle, j'étais... claquée!
En plus de ca ma copine Italienne Luisa a decidé de partir en Espagne definitivement, je suis dégoutée >_<
En plus de ça le son est meilleur que les enceintes de mon ordi, on peut charger la musique dessus depuis un ordinateur ou mettre une carte mémoire dedans directement, et cerise sur le gâteau, la couleur du cône change pendant la lecture!

Oui, la fan de gadget que je suis adore!

Après ça je me suis dit qu'il était temps que je fasse bon usage des bons pour des chaussures que j'ai fait gagner à Mateo: c'était un concours sur Elle, comme moi à cette époque je bossais là-bas je ne pouvais pas m'inscrire j'avais inscrit Mateo.
J'ai dû l'inscrire à au moins 15 concours, avec comme prix des week-ends, des coupons pour du maquillage, pour des fringues (on parle de Elle hein) et pour celui "un an de chaussures Schuh" il a été tiré au sort youhou!
On a donc reçu 12 coupons de £50, et hier je me suis motivée pour aller à Oxford Street chez Schuh acheter ma première paire.
Quelle bonne idée d'y aller un samedi à 15heures, holala...!
La boutique était pleine ça prenait à chaque fois 10 minutes d'obtenir ma pointure dans la paire que je voulais essayer, 1 fois sur 2 il n'y avait pas ou alors on m'apportait une autre couleur....
L'horreur!
Enfin quand on ne paye pas hein...
J'ai d'abord craqué pour une paire de rouges vernies (oui je sais moi et les chaussures vernies) mais avouez que si ce ne sont pas les chaussures de Dorothée dans Le Magicien d'Oz...

Ensuite une paire de sandales noires à ruban que je ne vais probablement pas beaucoup mettre, mais encore une fois elles étaient belles et quand ça ne coûte pas un rond...
Je suis donc ressortie avec 2 paires de chaussures sans avoir rien dépensé, c'était vraiment bon de voir £90 sur la caisse et ne pas sortir ma carte bleue, surtout que je ne me serai jamais achetée des chaussures de ce genre à ce prix-là sinon...
S'il fait beau Jeudi, j'étrenne les noires pour la Bohème!

Après ça Mateo a voulu aller voir England - Kazakhstan au pub... Waooooooow, quaaatre-viiiingt diiiiix minuuuuutes de bonheuuuuuur... :|
Enfin bon ça va, mais j'avoue que j'aurais bien fait autre chose sinon. Pour me venger j'ai cassé les pieds de Mateo en faisant semblant de rien comprendre genre "Hey mais le gars en jaune au milieu il joue dans quelle équipe?", ça ne l'a pas toujours fait rire, je comprends pas... ;p

Sinon Dimanche j'ai riiiiiiien foutu, enfin un minimum de ménage, mais sinon j'ai trainé devant la télé (ce soir ils passaient Ghost), installé mon machin mp3, commencé à convertir les vidéos de l'anniversaire de maman et voilà!
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lundi 6 octobre 2008

50 ans de DMoon

La semaine dernière on est allés au Pradet pour les 50 ans de DMoon: arrivée le jeudi 2 octobre, pile poil comme il fallait, soirée tarot avec mon père et ma soeur (qui avaient eu la bonté de venir nous chercher, car on arrivait vers 15h)

Et maintenant il est temps de révéler la grosse escroquerie de mon blog depuis des semaines: ce qui m'a le plus occupée sur mon temps libre c'est l'organisation de la fête du Samedi soir au gite de Caussol, en coopération avec Georges. Or je me suis bien gardée d'en parler étant donné que ma mère était susceptible d'aller faire un tour ici (rétrospectivement je me dis que je n'aurais pas dû me donner cette peine, elle n'y a pas mis les pieds!)

La première partie de la fête a eu lieu à la Malle le midi: il y a quelques jours Georges avait pensé que maman avait commencé à se douter de quelque chose, j'ai donc produit le plan B qui consistait à faire un premier anniversaire le midi à la Malle avec une poignée de copains, histoire qu'elle croie nous avoir percés à jour!
En plus j'ai honteusement prétendu ne pas avoir été mise dans la confidence avant la dernière minute, à coup de "Mais quel relou ce Georges avec son samedi à la Malle!" ou encore "Non j'ai pas de pull à emporter, c'est pas comme si on m'avait prévenue!" le tout d'un air furibard, ce qui a fonctionné au delà de toutes mes espérances.

Du coup quand on est arrivés et que maman a vu les voitures des copains, elle était contente et en a conclu que c'était ça dont elle s'était doutée!
On a refait un peu de cinéma avec Georges pour faire bonne mesure:
- Oui ben vu comment tu t'y es pris comme un manche, tu m'étonnes qu'elle s'en est doutée!
- Ha mais Claire oui je sais mais bon j'ai fait comme je pouvais, moi..., a-t-il répondu d'un air contrit
(Georges je ne sais pas, mais moi j'étais écroulée de rire intérieurement)

Après avoir testé le hamac offert par ses collègues de l'école
on a fêté ça au champagne, avec Aline et André, Jean-Michel et Josi, mon père et Aurélie.
A noter que mon père s'est perdu car il n'était jamais venu et qu'André ayant pris sa voiture pour aller patrouiller à sa recherche, mon père lui a promis sa reconnaissance éternelle et une place à la droite du père pour cette action (bon j'avoue la place à la droite du père je l'ai inventée, il a promis son habituel "ça sera marqué dans ta colonne crédit")

Question cadeaux, Aline avait tricoté 3 gilets et fabriqué les colliers assortis en vert, bleu et orange, maman était époustoufflée, surtout que les cadeaux int été donnés un par un, à chaque fois elle n'arrivait pas à croire qu'on lui en sortait encore un autre.

Après ça je lui ai donné le collier offert par Lauren, elle était toute émue que Lauren ait pensé à elle, et puis enfin la bague achetée avec une partie des cotisations de tout le groupe.

Après ça, les 4 copains ont trouvé des excuses pour s'en aller (Aline devait aller dîner avec sa soeur, Jean-Michel et Josy étaient occupés à faire une récolte de mûres), et on a honteusement profité que mon père était là pour lui faire dire qu'il voulait aller voir un bidule géologique à Caussol.
Ensuite on a prétendu que nous les djeuns (Aurélie Mateo et moi) on ne voulait pas y aller et qu'on allait faire un tour dans Caussol, on a alors rejoint le gite pour terminer la déco, accueillir les invités etc.

A 18h15 Georges a enfin daigné ramener maman qui pleurait qu'il faisait froid et qu'elle voulait rentrer et l'a amenée au gite...
Elle est tombée sur sa copine hôtesse de l'air Catherine, qu'elle n'a même pas reconnue (en partie parce qu'elle ne s'attendait pas à la trouver là!)
Elle a commencé à se demander ce qui se tramait, puis je suis sortie lui apporter des habits plus "de fête" et on l'a fait rentrer dans la salle où se trouvait tout le monde, même qu'elle a fait sa timide!

Rien à dire de la soirée, tout c'est bien passé, j'ai juste un peu les boules de rien avoir bu pour être en état d'accomplir mon rôle de "manager", mais bon je m'étais fait plaisir à midi alors ça compense, et puis les chansons et sketches préparés par les copains de maman étaient vraiment géniaux.
Résultat aujourd'hui elle est encore à côté de ses pompes (d'après elle mais aussi d'après ses collègues de boulot!)...

Les preuves en images:
2008_10_04_Anniversaire_50_ans_maman

2008_10_04-05_Anniversaire_Maman_Soirée



Les preuves vidéos à venir!
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