Il barbiere di Siviglia, aussi appelé L'inutile precauzione (la précaution inutile) et un opera buffa (opéra bouffe) de Gioachino Rossini.
Le livret est basé sur la comédie de Beaumarchais "Le Barbier de Séville", et il s'agit du 3ème opéra composé à partir de cette histoire... Malheureusement pour Giovanni Paisiello et Nicolas Isouard, c'est sans conteste Rossini qui l'emporte avec le temps, et c'est son opéra auquel on fait maintenant référence sous le titre "Le Barbier de Séville".
Rossini
C'est le premier opéra de lui que je vois et c'est une révélation! Il fait une entrée remarquée dans mon top opéra, en deuxième place juste derrière Mozart.
Il est connu pour sa rapidité à composer, et même si je dirai volontiers comme Alceste "Voyons Monsieur, le temps ne fait rien à l'affaire!", j'avoue que 3 semaines pour écrire tout un opéra, ça me bluffe.
L'histoire de la pièce
A l'époque, la pemière, le 20 février 1816 au Teatro di Torre Argentina de Rome, est un fiasco. On pense que des supporters de Spontini, compositeur rival de Rossini, ont sifflé pour entrainer le reste du public: en effet, la deuxième performance ayant été un triomphe. Pour la petite histoire, la pièce de Beaumarchais a elle aussi connu une première mouvementée pour fnalement se transformer en succès avant la fin de la première semaine.
Il sagit du premier opéra italien joué aux Etats-Unis, en 1825, et c'est depuis le 5ème opéra le plus joué là-bas... Un vrai "hit"!
L'action se déroule à Séville, au XVIIème sciècle
Acte 1
Scène 1: Sous les fenêtres de Rosina, Lindoro fait jouer la sérénade dans l'espoir de faire apparaitre la belle. Le pauvre étudiant est en vérité le Comte Alamaviva, qui souhaite que la jeune fille l'aime pour lui même et pas pour son titre
C'est alors qu'il se désespère devant la fenêtre fermée que Figaro fait son entrée, chantant la célèbre aria "Largo al factotum della città" (j'étais déjà en plein trip à ce moment-là, Figaro ci Figaro la...!)
Le premier conseil de Figaro est que le Comte se déguise en soldat et se présente avec un billet de logement, tout en feignant l'ivresse pour être moins soupçonné.
Scène 2: Rosina se lamente sur l'enfermement qu'elle subit et les soupçons de son tuteur (qui au final n'étaient pas sans objet, comme quoi, pour citer mon père citant Desproges "C'est pas parce qu'on est parano qu'on n'a pas d'ennemis")
Encore une aria magnifique, de plus l'actrice (ou chanteuse? On dit quoi pour l'opéra tiens?) s'était cassé la jambre et était dans un fauteuil roulant. Ce qui aurait pu tout gâcher a en fait été magnifiquement intégré, donnant plus de poids à ses lamentations, on aurait pu croire que le rôle avait été écrit pour une unijambiste.
Bartolo, son tuteur, averti par le maitre de musique véreux, Basilio, de la présence à Séville du Comte Alamaviva, dont la passion pour Rosina est connue du tuteur (mais pas de Rosina)
S'ensuit une scène très amusante où Basilio explique qu'il va utiliser la calomnie pour perdre Alamaviva de réputation à Séveille ("La calunnia è un venticello", la calomnie est un souffle/ une brise)
Revient Rosina, accompagnée de Figaro: il tente de la convaincre d'écrire une lettre pour assurer Lindoro de ses sentiments, lettre qu'elle a en vérité déjà écrite.
Sur ces entrefaites arrive Alamaviva/ Lindoro déguisé en soldat saoul, auquel Bartolo présente un papier l'exemptant du devoir d'héberger les régiments de passage, que Lindoro déchire sous les yeux ébahis du docteur. Ils se battent et la garde, attirée par le bruit, est sur le point d'arrêter Lindoro quand celui-ci se fait connaitre à l'officer.
Bartolo et Basilio sont désemparés devant l'impunité dont jouit le soldat.
Acte 2
Scène 1: Almaviva/ Lindoro est cette fois déguisé en maître de musique et prétend être le remplaçant de Basilio, malade.
Bartolo est très supicieux, et le Comte se voit obligé de gagner sa confiance en lui donnant la lettre de Rosina, prétendant que Lindoro est un servant d'Almaviva, qui poursuit les femmes pour le compte de son Maître (il les poursuit pour le compte du Comte, vous suivez ou vous avez votre compte?)
Il est rasé par Figaro pendant que Lindoro et Rosina utilisent la leçon de musique pour planifier de s'échapper ensemble.
L'entrée de Basilio vient alors déranger un stratagème qui fonctionnait bien: Almaviva/ Lindoro donne une bourse à Basilio pour qu'il confirme ses dires, ce qui fonctionne dans un premier temps, mais sera le détail qui permettra à Basilio de comprendre qu'il est Almaviva.
Bartolo envoie chercher Basilio une fois que Figaro et "le maître de musique" sont partis, et apprenant ces faits décide de faire rédiger le contrat de mariage pour épouser Rosina.
Grace à la lettre, il convainct Rosina que Lindoro lui a menti et ne l'a courtisée que pour la donner au Comte.
Celle-ci, furieuse d'avoir été trompée, révèle qu'ils doivent venir la chercher le soir même dans sa chambre et le Docteur décide de faire croire à un cambriolage pour les faire arrêter.
Evidemment, quand ils se décident enfin, l'échelle a été enlevée.
Arrivent alors le notaire et Basilio. On donne à Basilio le choix entre être témoin pour le mariage ou recevoir 2 balles dans la tête... Etonnement, peu de réflexion est nécessaire à l'ancien allié de Bartolo, et le mariage est signé entre les 2 amoureux.
Bartolo arrive alors, trop tard à son grand dam, et il se console de savoir qu'il peut conserver les biens de Rosina, le Comte ayant épousé la jeune fille pour elle même et non pour sa dot... (c'est beau)
Mon avis
Entre les décors originaux et bien pensés, les costumes amusants et l'anecdote du pied cassé, je pense que j'avais tous les ingrédients pour passer une bonne soirée.
Pour couronner le tout, comme je l'ai déjà dit, je trouve le style de Rossini absolument fabuleux, et j'ai donc passé un excellent moment, aussi bien que Lohengrin, mieux que des opéras pourtant considérés comme des pièces maitresses comme La Bonhème ou la Traviata. Ne me faites pas dire ce que je n'ai pas dit, je ne crache pas sur Verdi et Puccini, mais je les place pour l'instant sans hésitation derrière Mozart Rossini et Wagner (le triplé gagnant)
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